Un an avec Proxmox : retour d’expérience d’une DSI sur un virage stratégique

Contexte initial : la fin d’un cycle sous VMware

L’année 2023 a marqué un tournant pour de nombreuses directions informatiques, confrontées à la double problématique du renouvellement de matériel et des évolutions de licence VMware.
Mon infrastructure reposait alors sur un triptyque classique : VMware + Veeam + serveurs HP, le tout arrivé en fin de support constructeur.
Une consultation avait été engagée pour moderniser cet ensemble, mais la modification brutale du modèle économique de VMware a remis en question l’équilibre du projet : difficile de piloter un budget dans un environnement tarifaire devenu opaque.

La décision a été prise de relancer l’appel d’offres, en excluant VMware et en fixant comme contraintes principales :

  • Une haute disponibilité sans dépendance à un fournisseur unique.
  • Une préférence pour un intégrateur local pour le suivi et la proximité.
  • Aucune exigence dogmatique sur la technologie, à condition qu’elle reste maîtrisable économiquement et pérenne.

L’appel d’offres : entre conservatisme et ouverture

Les intégrateurs locaux, habitués à VMware, ont opposé une fin de non-recevoir :
aucun ne souhaitait s’engager sur une alternative open source sans émettre de réserves avancées.

Le choix s’est donc porté sur un intégrateur distant, à taille humaine, mais spécialiste de Proxmox.
Le couple DELL + Proxmox VE + Proxmox Backup Server (PBS) a été retenu pour sa cohérence : fiabilité matérielle, indépendance logicielle, et un modèle de support clair.

Un an plus tard : résultats et constats

1. Une migration maîtrisée

Les 25 machines virtuelles ont été reprises sans perte ni rupture de service.
Aucune désérialisation, aucune corruption : le transfert a été réalisé proprement grâce à la maîtrise technique de l’intégrateur.

2. Une infrastructure dimensionnée avec justesse

Pas de surdimensionnement, pas de survente.
Le projet a été livré dans les temps, sans interruption utilisateur, et pour un coût global divisé par deux par rapport aux propositions initiales sous VMware.

3. Une stabilité exemplaire

En un an, aucun arrêt non maîtrisé, aucune instabilité notable.
Les mises à jour du cluster se sont déroulées sans incident majeur.

4. Quelques limites sur la sauvegarde

Le seul point de vigilance concerne Proxmox Backup Server (PBS) :
les sauvegardes occupent un espace bien supérieur à celui observé sous Veeam.
PBS ne semble pas exploiter les optimisations de compression ou de déduplication propres à Windows.

Un problème de dimensionnement du stockage de sauvegarde a entraîné une perte temporaire de points de restauration, résolue depuis par :

  • l’ajout d’espace disque,
  • et une meilleure sélection des données à sauvegarder par PBS et la mise en place de solutions alternatives pour les données métiers.

Bilan général

Au terme de cette première année, le bilan est sans équivoque :

  • Satisfaction technique et budgétaire totale.
  • Aucune instabilité ni dérive de coût.
  • Adoption réussie d’un nouvel environnement de virtualisation, open source et évolutif.

Perspectives

Les projets sont maintenant :

  • Le déploiement de nouveaux nœuds Proxmox pour accompagner la croissance.
  • Une montée en compétence interne pour pérenniser l’exploitation.
  • L’intégration progressive de nouvelles briques (supervision, automatisation, réseau virtuel).

Conclusion

Proxmox s’impose aujourd’hui comme une alternative crédible aux solutions propriétaires, à condition de :

  • s’entourer d’un intégrateur compétent,
  • accepter une phase d’apprentissage,
  • et traiter cette transition comme un vrai projet d’infrastructure, pas comme une simple migration logicielle.

Oui, Proxmox est open source, et oui, il est gratuit — mais la compétence, elle, ne l’est pas.
C’est ce qui fait toute la différence entre un test de laboratoire et une production stable.